Le métier d’Administrateur judiciaire

L’administrateur judiciaire prend l’entreprise sous sa responsabilité pour qu’elle puisse poursuivre son activité ou être reprise par de nouveaux actionnaires. Chargé d’aider le dirigeant à trouver des solutions pour sortir de l’impasse, l’administrateur met tout en oeuvre pour tenter de sauver l’entreprise et de limiter le nombre de licenciements.

Pour la mener à bien sa mission, il établit un diagnostic complet de l’entreprise, exerce des fonctions d’assistance auprès du dirigeant ou de surveillance dans la gestion de ses biens. À l’issue de la période d’observation, il est entendu par le tribunal de commerce sur l’adoption ou le rejet du plan de réorganisation de l’entreprise. Si la poursuite de l’activité est jugée favorable, il négocie avec les banques un remboursement des dettes échelonné dans le temps. En cas de cession (totale ou partielle) d’une entreprise à des repreneurs, il se charge de régler toutes les formalités de la vente.

Une entreprise peut également cesser son activité en cas de souci majeur empêchant son fonctionnement normal (conflits d’actionnaires, décès, indisponibilité d’un dirigeant, départ en retraite…). C’est l’administrateur là encore qui gère momentanément l’entreprise, le temps que soit résolu le problème.

Placés sous le contrôle des tribunaux (civils ou commerciaux) qui les désignent et du procureur de la République, mandataires et administrateurs judiciaires sont des professionnels libéraux chargés de missions par décisions de justice. Ils n’ont pas, contrairement à l’avocat ou au notaire, de clientèle propre. Travaillant le plus souvent seuls, ils peuvent désormais se regrouper avec d’autres confrères au sein de sociétés civiles professionnelles (SCP).

La désignation d’un mandataire judiciaire est impérative dans toute procédure de redressement ou de liquidation, quelle que soit la taille de l’entreprise, alors qu’un administrateur a obligation d’intervenir dans une entreprise de plus de 50 salariés, en cas de redressement judiciaire. Ce dernier reçoit du tribunal différentes missions : surveillance, assistance ou remplacement du chef d’entreprise. Particuliers et professionnels peuvent également le consulter, en qualité d’expert. Et obtenir des conseils en matière de succession, de gestion d’une société ou et de prévention des risques.

Administrateur et mandataire travaillent en relation constante avec des personnes en difficulté financière, et bien souvent en détresse psychologique. Ils doivent faire preuve d’une grande capacité d’écoute et d’adaptation pour tenter de gérer au mieux ces situations critiques. Tact et diplomatie , patience et compréhension , polyvalence et équilibre, sens du contact et de la négociation sont autant de qualités exigées pour ces postes. Leurs décisions étant lourdes de conséquences, ils sont chargés de les expliquer et de les faire accepter par leurs interlocuteurs.

Je souhaite devenir Administrateur judiciaire

L’accès à la profession passe par trois étapes : il est nécessaire d’abord d’avoir un niveau minimum égal à bac+4 (droit, sciences économiques ou gestion), un DESCF (diplôme d’études supérieures comptables et financières), ou un DEC (diplôme d’expertise comptable). En pratique, nombreux sont les professionnels, aujourd’hui diplômés de grandes écoles de commerce (HEC, Ecoles supérieures de commerce…).

Il faut ensuite accomplir un stage professionnel de trois ans, obligatoirement rémunéré, en étude auprès d’un maître de stage exerçant la profession. Enfin, à l’issue du stage, il faut réussir l’examen professionnel d’aptitude, extrêmement sélectif, qu’on ne peut présenter que trois fois.